Salle de serveurs vue depuis une allée froide, rangées de baies éclairées en bleu, faible profondeur de champ

Actualité : Le 25 juillet 2026, six semaines après la première version, Google Cloud a publié OKF v0.2, une mise à jour de l'Open Knowledge Format qui ajoute cinq familles de signaux de confiance : provenance, vérification, fraîcheur, cycle de vie, attestation. La question posée en ouverture de l'annonce est brutale : « une fois que des agents écrivent dans le corpus, peut-on encore lui faire confiance ? » (Google Cloud Blog, 25 juillet 2026).

L'essentiel en 20 secondes

  • Le fait : OKF v0.2 ajoute cinq signaux de confiance au format de connaissance de Google Cloud, publié le 25 juillet 2026.
  • Le détail qui compte : la spécification enregistre les signaux et refuse explicitement de calculer un score de crédibilité.
  • Le palier le plus haut : une vérification par un acteur human: est le seul niveau supérieur à « confirmé par machine ».
  • Ce que ce n'est pas : ni un facteur de classement Google, ni un format à déployer sur votre site public.

Réponse directe : OKF v0.2 est une spécification d'infrastructure destinée aux agents d'entreprise. Elle ne vise pas le web public et n'a aucun effet sur votre positionnement Google. Son intérêt pour un éditeur est ailleurs. Des ingénieurs de Google viennent d'écrire noir sur blanc, dans un format lisible par machine, la liste de ce qu'un système d'IA veut savoir avant de réutiliser une information. Il y a cinq entrées. D'où vient cette information. Qui l'a produite, qui l'a vérifiée depuis. Jusqu'à quand elle reste valable. Où elle en est dans son cycle de vie. Si le chiffre qu'elle contient peut être recalculé. Aucune de ces cinq questions ne porte sur la longueur du texte, sa densité de mots-clés ou son maillage. Toutes portent sur sa traçabilité.

Ce que la v0.2 ajoute exactement

Rappel rapide pour qui n'a pas suivi : OKF est une spécification ouverte publiée le 12 juin 2026 par les équipes Data Cloud de Google Cloud. Elle représente une base de connaissance comme un simple dossier de fichiers Markdown à en-tête YAML, versionnable dans git, lisible par un humain comme par un agent. Nous avions détaillé le format et ses limites dans notre analyse de la v0.1 publiée en juin.

Le problème que résout la v0.2 est né de l'usage : dès lors que des agents génèrent eux-mêmes des milliers de fiches de connaissance, un autre agent qui les lit n'a aucun moyen de savoir si ce qu'il lit a été vérifié, par qui, ni si c'est encore vrai. La v0.2 répond en ajoutant du vocabulaire d'en-tête, et rien d'autre : selon l'annonce, elle « ajoute du vocabulaire, pas des règles », type reste le seul champ obligatoire et chaque nouveau champ est optionnel.

SignalChampLa question à laquelle il répond
ProvenancesourcesÀ partir de quoi ceci a-t-il été créé ? La liste enregistre la ressource, l'auteur, la date de dernière modification et un compteur d'usage.
Confiancegenerated, verifiedQui a produit ce contenu et à quelle date ? Qui l'a confirmé depuis ?
Fraîcheurstale_afterEst-ce encore vrai ? Une date absolue, pas une durée de vie relative.
Cycle de viestatusEst-ce la version courante ? Trois valeurs : draft, stable, deprecated.
Attestationtype Attested ComputationCe chiffre a-t-il été produit de la manière annoncée ? Le calcul peut être rejoué et son résultat vérifié.

Deux détails de conception méritent d'être relevés. Le champ stale_after prend une date absolue plutôt qu'une durée : les auteurs expliquent avoir choisi cette forme pour que la péremption devienne « une simple comparaison de dates, sans référence au moment où le concept a été lu ». Et la hiérarchie de confiance déduite du champ verified ne comporte que trois paliers : aucune clé verified signifie non vérifié, une vérification par des acteurs non humains signifie confirmé par machine, une vérification par un acteur human:<id> signifie relu par un humain. Le palier supérieur est nommément humain.

Le point le plus intéressant : il n'y a pas de score

C'est la phrase à retenir de toute l'annonce, et elle tient en huit mots dans le texte original : OKF records the signals, not a credibility score. Le format enregistre les signaux, pas un score de crédibilité. Les auteurs précisent que la crédibilité est déduite des signaux par celui qui consomme l'information, et peut être scorée dynamiquement par ce consommateur s'il le souhaite.

Transposez cette architecture à votre contenu. Vous obtenez la description exacte de ce qui se passe quand un moteur génératif décide de vous citer, ou de vous ignorer. Il n'existe pas de note d'autorité rangée quelque part à côté de votre nom de domaine. Il n'y en a jamais eu. Il y a un système qui, au moment de répondre, cherche des marqueurs de traçabilité dans ce qu'il a sous les yeux et en tire une conclusion. Une page sans source nommée, sans auteur, sans date, ne fait pas baisser un score : elle ne donne rien à calculer. C'est le mécanisme que nous avions observé en analysant pourquoi le contenu de commodité n'est jamais cité par les IA, et il explique aussi pourquoi des pages hors du top 10 de Google se retrouvent citées alors que des pages mieux classées ne le sont pas.

Faites le test sur dix pages : combien répondent aux cinq questions ? Si le compte n'y est pas, on peut le mesurer avec vous.

Les cinq signaux, traduits pour un site web

OKF n'est pas fait pour le web public et il serait absurde de vouloir l'y déployer. En revanche, les cinq questions qu'il formalise se transposent directement, avec des moyens qui existent déjà.

  • Provenance. Citer des sources nommées et datées, avec le lien, plutôt que d'écrire que « des études montrent ». Une affirmation dont l'origine est vérifiable est réutilisable ; les autres sont du bruit.
  • Vérification. Afficher un auteur identifiable, sa compétence sur le sujet, et la date de dernière vérification, distincte de la date de publication. C'est aussi, à peu de chose près, la condition d'exemption éditoriale que l'article 50 de l'AI Act rend opposable le 2 août. Le régulateur et la spécification technique demandent la même preuve.
  • Fraîcheur. Dire explicitement jusqu'à quand une donnée reste valable, au lieu de laisser un chiffre de 2023 flotter sans mention. Un tarif, un seuil réglementaire ou une statistique de marché ont une date de péremption connue : écrivez-la.
  • Cycle de vie. Marquer les pages obsolètes au lieu de les laisser en ligne telles quelles. Une page dépréciée qui l'annonce et pointe vers la version courante vaut mieux qu'une page morte qui se fait citer par erreur.
  • Attestation. Publier la méthode derrière vos chiffres propriétaires : échantillon, période, mode de calcul. C'est ce qui transforme une donnée maison en donnée citable, et c'est le seul des cinq signaux que vos concurrents ne peuvent pas copier.

Ce qu'il faut faire cette semaine

  1. Prendre vos dix pages les plus stratégiques et vérifier, pour chacune, si les cinq questions ont une réponse visible sur la page. Pas dans votre CMS : sur la page.
  2. Séparer date de publication et date de vérification. Beaucoup de sites n'affichent que la première, ou pire, réécrivent la première pour paraître frais. C'est le contraire du signal recherché.
  3. Dater vos chiffres à l'intérieur du texte, pas seulement dans le pied de page. Un extrait cité par une IA emporte rarement le contexte de la page avec lui.
  4. Traiter le stock obsolète plutôt que de produire davantage. Une page dépréciée non signalée est une source d'erreur que vous alimentez vous-même. C'est l'un des contrôles de la méthode d'audit GEO que nous appliquons.

Notre analyse

La v0.1 disait comment ranger le savoir. La v0.2 dit à quelles conditions on accepte de le croire, et la réponse tient en une phrase : montre d'où ça vient, qui l'a vérifié, jusqu'à quand c'est vrai. Que ce vocabulaire soit né pour des tableaux BigQuery plutôt que pour des articles de blog ne change rien à ce qu'il révèle. Quand les ingénieurs qui construisent les machines à lire écrivent leur propre définition de la confiance, il vaut mieux la lire.

Ce que cet article ne couvre pas

OKF est une spécification Google Cloud destinée aux systèmes de connaissance d'entreprise. Ni l'annonce du 25 juillet ni la spécification ne la relient ni à Google Search, ni aux AI Overviews, ni au classement des pages web : la transposition au contenu éditorial proposée ici est notre lecture, pas une recommandation de Google, et il ne faut pas la présenter à un client comme un facteur de classement. Nous n'avons pas non plus de données d'adoption : à la date de publication, aucun chiffre public ne permet de dire combien d'organisations utilisent le format. Enfin, la v0.2 introduit deux ruptures de compatibilité avec la v0.1, le renommage de timestamp en generated.at et le déplacement des citations du corps vers l'en-tête sources ; si vous aviez commencé à expérimenter, vérifiez ces deux points. Nous mettrons cet article à jour si Google publie des données d'adoption ou une v0.3.

Questions fréquentes

OKF v0.2 est-il un facteur de classement Google ?
Non. OKF est une spécification publiée par les équipes Data Cloud de Google Cloud pour que des agents internes puissent lire et écrire des bases de connaissances d'entreprise. Rien dans l'annonce du 25 juillet 2026 ni dans la spécification ne relie ce format ni à Google Search, ni aux AI Overviews, ni au classement de pages web. L'intérêt pour un éditeur est indirect : le format explicite les signaux qu'un système d'IA considère comme pertinents pour juger si une information est fiable.
Quels sont les cinq signaux de confiance ajoutés par OKF v0.2 ?
La provenance, via un champ sources qui liste les matériaux dont un concept dérive. La confiance, via les champs generated (qui a produit le contenu et quand) et verified (qui l'a confirmé et quand). La fraîcheur, via stale_after, une date absolue de péremption. Le cycle de vie, via status, qui prend les valeurs draft, stable ou deprecated. Et l'attestation, via un nouveau type de concept, Attested Computation, qui permet de rejouer un calcul et d'en vérifier le résultat.
Pourquoi OKF n'attribue-t-il pas de score de crédibilité ?
C'est un choix de conception explicite : selon l'annonce Google Cloud, le format enregistre les signaux, pas un score de crédibilité, et la crédibilité est déduite des signaux par celui qui consomme l'information. Autrement dit, l'autorité n'est pas une propriété que vous possédez, c'est un calcul fait par le lecteur automatique à partir de ce que vous exposez. Un éditeur qui n'expose ni source, ni date, ni auteur ne fait pas baisser son score : il ne donne simplement rien à calculer.
Comment transposer ces signaux sur un site web ?
Sans adopter OKF, qui n'est pas fait pour le web public, on peut rendre les mêmes signaux lisibles : citer des sources nommées et datées plutôt que d'écrire que des études le montrent, afficher un auteur identifiable et la date de dernière vérification, dire explicitement quand une donnée cesse d'être valable, marquer les pages obsolètes au lieu de les laisser en ligne sans mention, et publier la méthode derrière vos chiffres propriétaires. Le balisage schema.org couvre déjà une partie de ces éléments.

À lire aussi

Note éditoriale. Divulgation : Cicéro est une agence de contenu SEO et GEO ; cette analyse est éditoriale et n'est pas sponsorisée. Les champs et valeurs de la spécification, ainsi que les citations, ont été vérifiés directement dans l'annonce Google Cloud du 25 juillet 2026 et dans le fichier okf/SPEC.md du dépôt GitHub, listés ci-dessous. Responsabilité éditoriale : Alexis Dollé, fondateur de Cicéro. Vérifié le .

Sources

  • Google Cloud Blog : « OKF v0.2 adds trust signals », par Sam McVeety (Tech Lead, Data Analytics) et Amir Hormati (Tech Lead, BigQuery), 25 juillet 2026. Annonce des cinq signaux, choix de la date absolue, absence de score.
  • GoogleCloudPlatform/knowledge-catalog, okf/SPEC.md : spécification OKF v0.2. Noms de champs, valeurs autorisées de status, paliers de vérification, ruptures de compatibilité avec la v0.1.
  • Google Cloud Blog : annonce initiale du format, 12 juin 2026. Principes de conception, format Markdown à en-tête YAML.
  • Search Engine Journal : « Google's Open Knowledge Format Adds Five Trust Signals », 29 juillet 2026. Reprise de l'annonce dans la presse search.
Alexis Dollé, fondateur de Cicéro
Alexis Dollé
CEO & Fondateur

Spécialiste du growth et de la stratégie de contenu SEO, j'ai lancé Cicéro pour aider les entreprises à capter une visibilité organique durable, sur Google comme dans les réponses des IA. Chaque contenu qu'on produit est pensé pour convertir, pas juste pour exister.

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