Actualité : Le 4 septembre 2026, Search Engine Land a publié une analyse des données Semrush Traffic Analytics comparant l’audience des plus grands sites américains en juillet 2026 à celle de juillet 2025. Bing y perd 50,43 % de son trafic américain sur un an, pendant que ChatGPT gagne 48,38 % et atteint 1,09 milliard de visites mensuelles, au 9e rang de tous les sites américains (Search Engine Land, 4 septembre 2026).

Couloir de centre de données au crépuscule, rangées de baies serveurs, éclairage ambré d'un côté et bleu de l'autre, faible profondeur de champ

Le chiffre qui circule depuis vendredi est celui de ChatGPT. Celui qui devrait vous intéresser est celui de Bing.

Pendant trois ans, le conseil standard des agences tenait en une phrase : « n’oubliez pas Bing, c’est l’index derrière ChatGPT. » Cette phrase vient de perdre ses deux jambes en même temps. L’audience de Bing a été divisée par deux, et ce n’est plus l’index de Bing qui décide de votre présence dans ChatGPT.

Ce que disent exactement les chiffres

Les données proviennent de Semrush Traffic Analytics, sur le périmètre des sites américains, en comparaison année sur année : juillet 2026 face à juillet 2025.

  • Bing : recul de 50,43 % sur un an.
  • ChatGPT : hausse de 48,38 %, à 1,09 milliard de visites mensuelles, 9e site américain.
  • Google : hausse de 10,72 %, toujours premier avec 25,3 milliards de visites.
  • DuckDuckGo : recul de 15,83 %.
  • YouTube : hausse de 36,6 %, à 10,3 milliards de visites. Reddit reste 3e avec 2,61 milliards.
  • LinkedIn : hausse de 15,48 %, à 473,7 millions de visites.
  • Côté recul : Amazon perd 15,31 %, Temu 28,55 %, ESPN 16,0 % (366,0 millions de visites), NBCNews.com 20,2 %.

Deux lectures se dégagent. La première est que Google ne s’effondre pas : il progresse. Le récit du « Google est mort » ne survit pas à ces chiffres. La seconde est que le second moteur de recherche occidental, lui, se vide. Ce ne sont pas les moteurs qui perdent : c’est le deuxième moteur.

Pourquoi le raccourci « Bing pour être dans ChatGPT » ne tient plus

Ce conseil reposait sur une réalité technique de 2024 : ChatGPT Search s’appuyait alors largement sur des résultats Bing. Depuis, OpenAI exploite son propre robot de découverte, OAI-SearchBot, le robot qui explore le web pour alimenter les réponses de ChatGPT Search, distinct de GPTBot qui sert à l’entraînement et de ChatGPT-User qui récupère une page à la demande d’un utilisateur. Autoriser GPTBot dans votre robots.txt ne suffit pas à apparaître dans les réponses de ChatGPT Search : ce sont trois mécanismes distincts.

Autrement dit, même si Bing avait gardé son audience, il ne serait plus la porte d’entrée vers ChatGPT. Et comme il l’a perdue, il n’est plus non plus un canal d’acquisition sérieux. La double raison de s’en occuper a disparu en même temps.

La nuance qui compte, et que la plupart des reprises oublient : Bing qui s’effondre comme destination n’est pas Bing qui disparaît comme infrastructure. L’index Bing continue d’alimenter Copilot côté Microsoft. Ces chiffres mesurent des visites d’internautes sur bing.com, pas l’usage de l’index par des produits tiers. Confondre les deux serait remplacer une erreur par une autre. Le sujet rejoint d’ailleurs le retrait des anciennes API Bing fin août 2026, qui a déjà rebattu les cartes de l’accès programmatique aux résultats.

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Le piège : 1,09 milliard de visites ne sont pas 1,09 milliard de clics vers vous

C’est la confusion la plus coûteuse de ce jeu de données. Le chiffre mesure les visites vers chatgpt.com. Il ne dit rien des clics sortants vers les sites tiers. Une plateforme conversationnelle peut très bien voir son audience doubler tout en renvoyant proportionnellement moins de visiteurs, puisque la réponse est délivrée dans l’interface. C’est même le comportement attendu.

S’y ajoute un problème de mesure. Dans une analyse publiée le 5 septembre 2026, Scalevise rappelle que l’information de provenance ne survit pas systématiquement au passage d’une surface IA vers un site. Résultat : une partie des visites issues d’un assistant atterrit dans le canal « Direct » de GA4. Vous sous-estimez donc l’IA au moment précis où elle pèse le plus, et vous ne savez pas quel parcours convertit. Nous avions déjà documenté cet écart entre citations et trafic réellement attribué.

Ce qu’il faut faire cette semaine

  1. Sortir Bing de vos objectifs d’acquisition. Gardez Bing Webmaster Tools pour le contrôle d’indexation, quelques minutes par mois. Retirez-lui toute cible de trafic : vous piloteriez un canal qui a perdu la moitié de son audience en un an.
  2. Vérifier votre robots.txt ligne par ligne. OAI-SearchBot est-il autorisé ? Et PerplexityBot, ClaudeBot, Google-Extended ? C’est un arbitrage, pas une évidence : autoriser, c’est acheter de la visibilité en cédant du contenu ; refuser, c’est l’inverse. Le débat s’est cristallisé autour du blocage par défaut annoncé par Cloudflare. Ce qui n’est pas défendable, c’est de subir la configuration par défaut sans l’avoir choisie.
  3. Segmenter votre trafic Direct. Créez dans GA4 un segment sur les pages d’atterrissage profondes arrivant sans référent. Personne n’atterrit spontanément sur une URL à trois niveaux en la tapant. Ce n’est pas une mesure exacte, c’est un ordre de grandeur, et c’est mieux que rien.
  4. Mesurer les citations, pas seulement les clics. Sur des interfaces qui répondent sans faire sortir l’utilisateur, être cité devient un indicateur en soi. La volatilité des citations ChatGPT observée sur Reddit montre à quel point ce signal bouge vite : relevez-le régulièrement, pas une fois par trimestre.

Les limites de ces chiffres

Ces données sont des estimations de panel clickstream, pas des logs serveur. Semrush ne publie pas la composition détaillée de son panel, et une variation de 50 % sur douze mois peut refléter en partie un changement d’échantillon autant qu’un changement de comportement. Aucune révision de méthodologie n’a été annoncée sur cette période, mais rien ne permet non plus de l’exclure.

Le périmètre est américain. Il ne dit rien de la France, où Bing conserve des parts d’usage différentes, notamment en environnement professionnel Windows. Enfin, un an reste une fenêtre courte pour trancher une tendance structurelle. Ce que ces chiffres établissent solidement, c’est un ordre de grandeur et un sens de variation, pas une prévision.

L’analyse Cicéro

Le vrai enseignement n’est pas « Bing est mort ». Il est que la recherche s’est concentrée sur deux interfaces, Google et ChatGPT, et que les stratégies de diversification bâties sur le troisième larron n’ont plus d’objet. Le budget qui allait à Bing ne doit pas aller à un autre moteur : il doit aller à la mesure de ce que les assistants disent de vous.

Note de méthode et divulgation. Nous avons vérifié la distinction entre OAI-SearchBot, GPTBot et ChatGPT-User dans la documentation des robots d’OpenAI avant de publier. En revanche, nous n’avons pas pu recouper les estimations Semrush avec une seconde source de mesure indépendante : elles sont reprises telles que publiées. Cicéro n’a aucun lien commercial avec Semrush, Microsoft ou OpenAI, et aucun lien de cet article n’est sponsorisé ni affilié.

Sources

  • → Search Engine Land, 4 septembre 2026 : analyse des données Semrush Traffic Analytics, juillet 2026 comparé à juillet 2025, sites américains. Bing à -50,43 %, ChatGPT à +48,38 % et 1,09 milliard de visites mensuelles (9e rang), Google à +10,72 % et 25,3 milliards de visites, YouTube à +36,6 %, LinkedIn à +15,48 %, DuckDuckGo à -15,83 %, Amazon à -15,31 %.
  • → Semrush Traffic Analytics : source primaire des estimations d’audience citées, méthodologie de panel clickstream.
  • → Scalevise, 5 septembre 2026 : analyse de l’écart de mesure, perte de l’information de provenance entre une surface IA et le site de destination, conséquences sur les canaux GA4.
  • → Search Engine Roundtable : documentation des robots OpenAI, distinction entre OAI-SearchBot (découverte pour ChatGPT Search), GPTBot (entraînement) et ChatGPT-User (récupération à la demande).

Questions fréquentes

Faut-il continuer à optimiser pour Bing en 2026 ?

Oui, mais plus pour les mêmes raisons. Les données Semrush relayées par Search Engine Land le 4 septembre 2026 montrent une audience américaine de Bing en recul de 50,43 % sur un an : comme canal d’acquisition direct, Bing ne mérite plus une ligne dans vos objectifs. En revanche Bing Webmaster Tools reste utile pour vérifier l’indexation, et l’index Bing continue d’alimenter Copilot chez Microsoft. Le garder coûte quelques minutes par mois. Lui fixer des objectifs de trafic n’a plus de sens.

Référencer son site sur Bing suffit-il à apparaître dans ChatGPT ?

Non. OpenAI exploite un robot dédié à la découverte pour ChatGPT Search, OAI-SearchBot, distinct de GPTBot qui sert à l’entraînement. Autoriser GPTBot dans votre robots.txt ne garantit pas d’apparaître dans les réponses de ChatGPT Search, et bien se positionner sur Bing non plus. Ce sont trois mécanismes séparés, à traiter séparément.

1,09 milliard de visites sur ChatGPT, cela veut-il dire plus de trafic pour mon site ?

Pas mécaniquement. Le chiffre mesure les visites vers chatgpt.com, pas les clics sortants vers les sites tiers. Une plateforme peut voir son audience croître tout en renvoyant proportionnellement moins de visiteurs, puisque la réponse est fournie dans l’interface. Lire la croissance de ChatGPT comme une promesse de trafic entrant est l’erreur la plus courante sur ce jeu de données.

Ces chiffres valent-ils pour le marché français ?

Rien ne permet de l’affirmer. Le jeu de données porte sur les sites américains, en juillet 2026 comparé à juillet 2025. Les parts de marché de Bing et les usages des assistants IA diffèrent sensiblement en France. La tendance de fond, une audience qui se concentre sur les interfaces conversationnelles, est plausible ici aussi, mais les pourcentages ne sont pas transposables tels quels.

Alexis Dollé, fondateur de Cicéro
Alexis Dollé
CEO & Fondateur

Spécialiste du growth et de la stratégie de contenu SEO & GEO, j'ai lancé Cicéro pour aider les entreprises à capter une visibilité organique durable : sur Google comme dans les réponses des IA. Chaque contenu qu'on produit est pensé pour convertir, pas juste pour exister.

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